16 décembre 2017

Pop Art au musée Maillol


 Roy 

Il y a incontestablement dans le Pop Art des années 60 une énergie, une exubérance, une vitalité éclatante. C'est en tout cas ce qui ressort de l'exposition présentée actuellement au Musée Maillol et intitulée "Pop Art - Icons that matter". 


James Rosenquist : « Broome Street Trucks After Herman Melville », 1963

Les tableaux ont été empruntés au Whitney Museum de New York et l'on retrouve avec plaisir les oeuvres d'artistes hyper connus : Robert Rauschenberg, Roy Lichtenstein, Jasper Johns, Andy Warhol, James Rosenquist ....
Et d'autres moins connus que l'on découvre avec intérêt. Ils ont en commun le goût des couleurs vives, primaires, des traits simplifiés, mais surtout ils portent sur le monde un regard neuf, critique, désabusé parfois, mais pas dénué d'humour. 

Allan D'Arcangelo, Landscape,1064

J'ai particulièrement aimé ce tableau  d'Allan D'Arcangelo, cette autoroute en droite ligne qui suggère aussi bien l'immensité que la vitesse, mais interdite par une barrière qui met à mal toute velléité d'évasion.  

Rosalyn Drexler, Marilyn pursued by Death, 1967

Dans cette cacophonie colorée, un tableau détonne par sa noirceur. Il est de Rosalyn Drexler (la seule femme de l'exposition) et donne envie d'en savoir un peu plus sur l'artiste. Un personnage étonnant, qui avant de se mettre à la peinture et à l'art en général, avait commencé une carrière de lutteuse professionnelle !

12 décembre 2017

Mali Twist



L'exposition intitulée Mali Twist qui se tient actuellement et jusqu'au 28 Janvier à la Fondation Cartier est en fait une rétrospective consacrée à Malick Sidibé, photographe malien qui dans les années 60, les années "twist", a photographié la jeunesse de Bamako. Une jeunesse très occidentalisée, soucieuse de se montrer avec les attributs des jeunes de cette époque, pantalons patte d'eph. et chemises cintrées pour les garçons, jupes au dessus du genou et cheveux courts pour les filles ...


Malick Sidibé faisait parfois poser ces jeunes gens, mais la plupart des photos présentées à la Fondation ont été prises de nuit, dans les lieux (boîtes de nuit, clubs) où la jeunesse de Bamako se retrouvait pour danser.  Ce qui fait que l'impression dominante est celle d'une extraordinaire vitalité.

Un film, tournée au début des années 2000 montre Malick Sidibé, de retour à Bamako 40 ans plus tard. Il y retrouve ceux qu'il a filmés, marqués par le temps bien sûr, mais marqués surtout, m'a-t-il semblé, par le changement de mentalité. Devant la caméra, passent - et ce n'est sans doute pas un hasard - des silhouettes féminines, des femmes d'aujourd'hui en boubou et voilées. 

For the times, they are a-changin ...



11 décembre 2017

A l'aube du japonisme

Promis, j'arrête. Au prochain billet je change de continent.
Mais l'exposition présentée par la Maison de la Culture du Japon à Paris est incontournable pour qui s'intéresse à ce pays.  En effet il s'agit de montrer comment se sont établis les premiers contacts entre la France et le Japon à la fin du XIXe siècle.


Il y a bien sûr quelques belles gravures comme celle-ci, attribuée à Hokusai, mais sont aussi exposés des objets de toutes sortes, en laque, en céramique, des objets collectionnés par ceux qui à l'époque découvraient le Japon, et qui se trouvent d'ailleurs souvent dans les musées français.


Quant à cette maquette de maison japonaise, plus je le regarde, plus elle me paraît ressembler à certaines maison vues au cours de mon dernier voyage. 


10 décembre 2017

Lafcadio Hearn, Lettres Japonaises


Après avoir visité sa maison à Matsue, envie de relire Lafcadio Hearn. Un petit volume publié en poche propose quelques lettres inédites. Juste ce qu'il me fallait.


Des réflexions, des confidences au fil de la plume qui permettent de s'approcher un peu du personnage, de mieux comprendre son enthousiasme, sa passion pour le Japon qui malgré tout s'effiloche un peu au fil des pages et des années. Lafcadio est un esprit curieux, qui ne cesse d'observer, de s'interroger, une âme sensible, attentif à mille détails. Ce qui permet au lecteur de ses lettres de se faire une idée  du bonhomme,  mais aussi de ce Japon du XIXe siècle au moment même où, pris dans le tourbillon de la modernité occidentale, il est sur le point de disparaître.







09 décembre 2017

La villa

Bien sûr Télérama a a-do-ré ! Moi pas.
Oui bien sûr, les cabanons dans les calanques de Marseille.  Oui bien sûr la nostalgie d'une époque où l'argent n'était pas la seule valeur, où la camaraderie, la solidarité n'étaient pas de vains mots, où l'on pouvait croire à un avenir moins... plus.... un avenir tout court !
Oui il y a tout cela dans le film de Guedigian, comme dans ses précédents films d'ailleurs. Mais les bons sentiments pas plus que les bonnes intentions ne font un bon film et celui-ci est bien trop écrit, bien trop laborieusement construit pour entraîner autre chose que l'adhésion intellectuelle du spectateur. Les personnages sont tous figés dans leur rôle, comme des marionnettes dont le metteur tire les ficelles :  le frère désabusé et un brin cynique, le frère dévoué et obstiné, la soeur qu'une tragédie a rendue amère et rancunière, etc. etc. Heureusement qu'il y a Anaïs Demoustier pour apporter un peu de fraîcheur à cet univers qui malgré le vent du large sent un peu le rance. D'autant que le couple de voisin et l'arrivée des immigrants clandestins, élargit peut-être le cercle social, mais n'allège pas le propos.


Oh, j'aurais bien voulu faire l'éloge du film de Guédiguian, mais non. La Villa reste pour moi un film mortifère.

08 décembre 2017

 本屋 : librairie


Le Japon, pays du numérique, des robots et des jeux vidéos... Sans doute mais les livres y ont toujours leur place .
Et bien que je sois rigoureusement incapable de lire un livre en Japonais, j'ai été fascinée par ces librairies où les livres s'empilent jusqu'au plafond...


... qui mélangent sur les rayonnages, livres, revues , gravures...


 et qui offrent aux lecteurs passionnés, des coins tranquilles pour feuilleter les ouvrages, lire le journal ou ... se restaurer.



Les librairies, au Japon comme ailleurs, sont mes endroits de prédilection.

07 décembre 2017

Sans eux le Japon serait moins beau !




 Sans les jardiniers, les jardins japonais seraient moins soignés, moins parfaits. 


Mais sans tous ceux qui veillent à la propreté des rues, le Japon c'est certain, serait moins beau !




Ce qui m'étonne toujours,  c'est la diversité de leurs outils, toujours très fonctionnels et pourtant très simples. 

 

06 décembre 2017

Les "noren"

Ce sont ces panneaux de tissus supposés indiquer au passant ce qu'il va trouver à l'intérieur de la boutique ou du restaurant.


Oui, mais voià ! Pour savoir ce qu'il y a à l'intérieur, il faut connaître le japonais, savoir identifier les kanjis... qui bien sûr peuvent se prononcer de différentes façon et dont le sens est souvent déterminé par l'association avec un ou plusieurs autres kanjis ! 酒 la bouteille de saké, facile ! mais précédé de
地 qui signifie la terre, le sol ... ici on vend une production locale de saké.


Compliqué le japonais ? Un peu, mais plus encore quand les kanji sur les noren sont calligraphiés ! 


Alors là, je ne reconnais plus rien ! 




05 décembre 2017

Les rues japonaises


Elles sont parfois moches, grises,  encombrées et même tristes, mais le plus souvent pleines de charme.

 A quoi tient ce charme ? Difficile à dire tant les contraires se juxtaposent parfois dans la même ville voire dans la même rue : ici un bâtiment au style indéterminé (brutaliste ? ), là un autre ultra moderne avec sa façade de métal martelé.


Là encore, un autre, parfaitement traditionnel. Mais c'est peut-être ce mélange un peu anarchique qui fait tout les charme des villes japonaises.


L'éclectisme comme principe fondamental de l'urbanisme. Soit ! Mais il y a autre chose ...


Comme une impression de déjà vu... une impression vaguement cinématographique ... qui pousse le regard à scruter chaque détail de l'image, le vélo bien sûr (et son parapluie!), les trois compteurs, la boule suspendue, l'inscription derrière la porte ... vite il faut inventer une histoire, construire un scénario ...




Mais c'est sur la plante à gauche que mon regard s'attarde. Parce que j'ai déjà vu cent fois, ces pots placés sur le pas des portes: des plantes parfois chétives, parfois luxuriantes, véritables jardins miniatures offerts aux regards des passants. Une façon de compenser l'exiguïté des logements sans doute, mais en attendant ce sont les promeneurs qui en profitent.


Végétaliser la ville  ? ... au Japon c'est déjà fait !



04 décembre 2017

L'annonce du typhon



La pluie il est vrai brouille le paysage. Mais elle ne diminue en rien le nombre des promeneurs sur le pont. 
Insouciance ou habitude ? 



La danse des parapluies


ame : la pluie


Le Japon c'est un peu comme la Bretagne : quand il pleut, il pleut, mais cela n'empêche personne de vaquer à ses occupations. Ni les promeneurs d'Arashiyama, ni les touristes chinoises (?) qui, dans leur kimono de location, jouent les Japonaises dans les rues de Kyoto ...



Et pas plus les collégiennes...

 ... que les salary men.


 Rien de plus facile que de se procurer un parapluie au Japon. Transparent de préférence pour éviter d'éborgner les passants. Mais il y a, autour du parapluie, toute une étiquette  qu'il importe de connaître.
L'ouvrir, pointé vers le haut et non pas comme une épée susceptible de transpercer celui qui vient vers vous. L'égoutter avant de le déposer à l'entrée du restaurant. Ou alors le garder avec soi mais le glisser dans une pochette en plastique fournie par le magasin.... ce qui j'en conviens devient vite fastidieux si vous ne faites qu'entrer et sortir. Quant à la consommation de plastique les jours de pluie... il vaut mieux ne pas y penser.








Mais Tokyo sous la pluie, c'est quand même bien joli ! 


03 décembre 2017

Vers le Kyomizu

Le Kyomizu est le temple le plus connu de Kyoto. Un "incontournable" que nous avions pourtant manqué au premier voyage.
Le Kyomizu est particulièrement beau en automne quand la couleur de ses murs se confond avec celle des érables rouges.
Oui mais ... fin octobre les érables n'avaient pas encore pris leurs couleurs d'automne et de toute façon le temple était en restauration c'est-à-dire couvert d'échaffaudages et de bâches ! Sans compter que ce jour là, comme les jours précédents, le temps était à la pluie !

Oui mais, quand même, le Kyomizu ...


Alors nous avons pris le chemin du Kyomizu, nous sommes montés en haut de la colline, et nous sommes passés sous le grand porche rouge !  

Rouge vraiment très rouge et jaune vraiment très jaune !


Sur le chemin du temple, j'ai croisé un "jizo" de granit, coiffé de son bonnet rouge. 
J'aime bien ce "Jizô Bosatsu" dont on dit qu'il est le protecteur des enfants morts, ceux qui n'ont pas encore accompli assez de mérites pour pouvoir traverser le fleuve Sanzu. Jizo les cache dans les plis de son manteau pour les mener de l'autre côté et leur permettre de progresser sur la voie du bouddha.
Logiquement, Jizo est ainsi devenu le protecteur des enfants et des voyageurs de tous âges.
Je n'aime pas les religions, mais j'aime bien les histoires qu'elles racontent.


Les deux pèlerins sur le  bord de la route, semblaient surtout poser pour les photographes dans l'espoir de gagner quelques sous. Vrais pèlerins ? Faux pèlerins ? Jolis costumes en tout cas.



Les rues qui montent au Kyomizu sont bordées d'innombrables boutiques, mais gardent malgré tout un certain charme.Toujours est-il que pour se photographier et photographier la rue, il faut laisser tomber le parapluie !

02 décembre 2017

Kokodera, le jardin de mousse


Revenir à Kyoto, obtenir pour la deuxième fois (grâce à une amie) une réservation pour le Saiho-ji et  revoir son sublime jardin des mousses ! Une chance incomparable.



Toujours très compliquée la réservation ! Et passablement compliqué le trajet pour parvenir jusqu'au temple. mais pas question d'être en retard ! Car la réservation est faite pour une heure déterminée, et ce quel que soit le temps !

Il pleuvait donc ce jour-là. A verse ! Tokyo était en attente de typhon et il pleuvait depuis 2 jours. A verse !


Mais qu'importe puisque le jardin, sous la pluie est peut-être encore plus beau, les mousses encore plus vertes, les roches encore plus noires et le lac encore plus ... romantique ? 

Les arbres ne cessaient de dégouliner sur les parapluies.... ah les parapluies ! pas facile de prendre une photo, en tenant son parapluie d'une main et l'appareil de l'autre !
Mais tant pis si les photos sont floues, voilées ou même franchement ratées. Car au bout d'un moment la seule chose qui importe c'est ce que les yeux peuvent voir et l'esprit mémoriser.

Nous avions posé nos chaussures pour entrer dans le temple, pris place derrière une table, recopié - sans rien y comprendre ) notre double page de kanjis, pendant que dans la salle à côté les prêtres énonçaient des prières rythmées par le gong, nous avions rédigé un voeu et placé notre "mantra" sur la pile destinée à être brûlée... alors seulement nous avons été autorisés à pénétrer dans le jardin. Une fois nos chaussures remises à nos pieds.


Grimace hypocrite que ce rituel ? Pas vraiment parce que c'est une façon de suspendre le temps, de ménager un sas entre l'agitation urbaine et la contemplation du jardin, sans autre objectif que de savourer par tous les sens, ce moment exceptionnel Et oui ! Avec les pieds mouillés !